Vous faites face à des mensualités qui s’accumulent et vous ne savez plus par où commencer. La nouvelle loi liée au surendettement à la Banque de France simplifie des démarches et renforce vos protections. Ce guide clair vous explique comment reprendre la main, étape par étape, avec des exemples concrets pour vous aider à agir dès aujourd’hui.
💡 À retenir
- En 2023, 30% des dépôts de dossiers de surendettement ont augmenté.
- La nouvelle loi facilite la procédure de surendettement.
- Une étude de l’INSEE révèle que 15% des Français sont concernés par le surendettement.
Comprendre le surendettement
Le surendettement arrive quand les dettes courantes dépassent durablement votre capacité de remboursement. Ce n’est pas un simple coup dur ponctuel, mais une situation qui s’installe et asphyxie le budget. Les signes d’alerte sont clairs: cumul de crédits renouvelables, prélèvements rejetés, découvert permanent, retards de loyer ou d’impôts, appels répétés des créanciers.
Au-delà de l’argent, l’impact est humain. Stress, insomnies, disputes de couple, isolement. Les incidents bancaires entraînent des frais, le fichage au FICP complique l’accès à de nouveaux moyens de paiement, et tout devient plus difficile. Pourtant, une procédure existe pour stopper l’hémorragie et reconstruire progressivement.
Définition du surendettement
Selon la Banque de France, une personne est en situation de surendettement lorsqu’elle ne peut plus faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir, de manière durable. Sont concernés les crédits conso et immo, loyers, factures, impôts, découverts. Les dettes liées à une activité pro relèvent d’autres dispositifs.
Les chiffres clés en 2023
Les signalements se multiplient. Les dépôts ont bondi de 30% en 2023, portée par l’inflation et la hausse du coût de la vie. Une étude de l’INSEE indique que 15% des Français seraient touchés, directement ou par ricochet dans leur foyer. Derrière ces chiffres se cachent surtout des revenus modestes, des familles monoparentales, et des emprunteurs ayant accumulé des crédits renouvelables.
La nouvelle loi et ses impacts
La nouvelle loi dédiée au surendettement vise à simplifier, accélérer et mieux protéger. Elle réduit les lourdeurs administratives et sécurise le quotidien dès l’ouverture du dossier. Concrètement, l’objectif est d’éviter l’enlisement et de favoriser des solutions réalistes plutôt que des plans intenables.
Dès que la commission déclare le dossier recevable, les poursuites sont suspendues et les intérêts cessent de courir. Ce gel des intérêts permet de stopper l’aggravation de la dette pendant l’instruction. Les délais de traitement sont raccourcis dans la plupart des cas, avec une place renforcée pour les échanges dématérialisés afin d’aller plus vite.
Autre avancée notable, la procédure d’effacement en fin de plan est plus accessible pour les situations les plus fragiles. La loi facilite aussi la prise en compte des charges essentielles du ménage, pour éviter des plans qui oublient la réalité du panier de courses, des transports ou de l’énergie.
Exemple concret. Sophie, 38 ans, cumule trois crédits renouvelables, un prêt auto et deux mois de loyer en retard. Après recevabilité, plus d’appels agressifs, les intérêts ne s’ajoutent plus, et un plan raisonnable est proposé avec baisse des mensualités et effacement d’une partie des intérêts. Résultat, un budget enfin respirable et un horizon à 24 mois.
Comment déposer un dossier de surendettement

La démarche est ouverte à toute personne domiciliée en France qui n’arrive plus à honorer ses dettes personnelles de manière durable. Le dépôt se fait gratuitement auprès de la Banque de France. L’essentiel est de présenter un dossier clair et complet pour gagner du temps dès le départ.
Avant de déposer, mettez votre budget à plat. Listez toutes vos ressources et charges fixes, récupérez les avis d’échéance, regroupez les courriers de relance et contrats de crédit. Plus vos pièces sont nettes, plus l’instruction avance sans aller-retour. En parallèle, sécurisez vos dépenses vitales logement, énergie, alimentation afin d’éviter de nouveaux impayés.
Étapes pour déposer un dossier
- Vérifier l’éligibilité: dettes personnelles, impossibilité durable de payer, bonne foi.
- Rassembler les pièces: identité, situation familiale, revenus, charges, détail de toutes les dettes, relevés bancaires.
- Remplir le formulaire Banque de France et déposer le dossier en ligne, en agence ou par courrier.
- Attendre la décision de recevabilité. En cas d’accord, poursuites suspendues et intérêts gelés.
- Orientation par la commission: plan amiable, mesures imposées, ou rétablissement personnel si aucune capacité de remboursement.
Conseils pratiques. Prévenez votre banque du dépôt pour éviter la multiplication d’incidents. Ouvrez, si besoin, un compte de paiement séparé pour sécuriser vos revenus. Répondez rapidement aux demandes de la commission. Évitez de souscrire un nouveau crédit pendant l’instruction. Si vous êtes perdu, sollicitez un travailleur social ou une association d’aide budgétaire pour vous accompagner.
Cas réel. Youssef, 45 ans, intérimaire, alternait périodes creuses et heures sup. Après trois prélèvements rejetés, il a déposé un dossier. La commission a restructuré ses crédits, réduit ses mensualités de moitié et accordé un moratoire de six mois le temps qu’il stabilise son emploi. Six mois plus tard, son plan tient sans incident.
Obligations des banques
Les établissements doivent évaluer sérieusement la solvabilité avant d’accorder un crédit, proposer des solutions de remboursement adaptées en cas de difficulté et respecter le cadre de la procédure de surendettement. Une fois la recevabilité actée, ils ne peuvent plus appliquer de pénalités ou lancer d’exécution forcée hors exceptions légales.
La banque doit aussi garantir un service de base. Droit au compte, accès à l’offre spécifique clients fragiles, moyens de paiement adaptés, plafonnement de certains frais d’incident. Le respect des mesures décidées par la commission est obligatoire, y compris en cas d’effacement partiel ou d’aménagement des échéances.
Droits des consommateurs
- Droit à un compte de paiement avec services essentiels et moyens de paiement adaptés.
- Respect du gel des intérêts et des mesures imposées après recevabilité.
- Information claire sur les frais, les reports et les rééchelonnements.
- Possibilité de contester des pratiques abusives et de saisir le médiateur bancaire.
- Protection contre les relances agressives et les menaces une fois la procédure engagée.
En cas de manquements, conservez les courriels, relevés et courriers. Faites un courrier recommandé pour rappeler vos droits et, si besoin, appuyez-vous sur un conseiller social. Si une mensualité fixée par la commission n’est pas respectée par un créancier, signalez-le rapidement pour rétablir le plan et éviter tout dérapage